« Le grand meccano se poursuit »


Ainsi le titre le Figaro cette semaine en rappelant les différentes acquisitions qui ont été faites ces derniers temps et en annonçant que le laboratoire américain Abott souhaiter racheter la division pharmacie de Solvay..

Les analystes financiers et les journalistes spécialisés multiplient les commentaires sur les acquisitions de laboratoire qui sont justifiés et selon eux, par la nécessité d’élargir leur portefeuille d’activités en raison de la concurrence des génériques, souvent qualifié de chute prochaine du chiffre d’affaires en raison de l’arrivée sur le marché d’un générique.

Faut-il rappeler que pendant longtemps les départements brevets des entreprises pharmaceutiques étaient peu sollicités avant que la législation ne vienne mettre en place deux éléments qui ont bouleversé le monde de l’industrie pharmaceutique en termes de chiffre d’affaires à savoir la législation communautaire sur les médicaments donnant une définition du générique qui permettait son autorisation de mise sur le marché par référence à à un dossier existant déposé auprès des autorités de santé ; la seconde, que les juristes considèrent comme une atteinte au droit de la propriété intellectuelle, à savoir le droit de substitution qui permettait à un pharmacien de proposer à son client un générique aux lieu et place du médicament princeps dès lors que celui-ci était tombé dans le domaine public. Sur l’initiative de différentes caisses régionales, le droit de substitution est devenu quasiment un devoir de substitution, que la loi est finalement venue entériner ce qui, pour le patient le contraint à accepter les médicaments génériques sous peine de ne pas pouvoir le bénéfice du tiers payant mis en oeuvre, et le laboratoire perdre toute chance de vendre le médicament princeps « à armes égales » avec un médicament générique.

Ceci étant, nous continuons à nous nous étonner que l’on soit surpris par la chute dans le domaine public d’un médicament puisque que les durées de brevets sont connues depuis leur date de dépôt, que le certificat complémentaire de protection, dispositif très particulier dont bénéficient seulement les médicaments afin de compenser le temps consacré au développement du médicament entre la mise au point de la molécule et les différents essais permettant l’efficacité et conduisant à déposer une autorisation de mise sur le marché auprès des autorités de santé, est également parfaitement connue des services de l’entreprise en charge la propriété industrielle.

La frénésie des fusions-acquisitions justifiait ces dernières années par la chute dans le domaine public que les médicaments dont les brevets sont expirés prouvent quelque part, et on le déplore, un manque d’anticipation de la part des entreprises qui voient comme issue à leur survie le rachat d’autres aux entreprises développant des médicaments qui bénéficient encore d’un monopole ou d’un pipe Line important.

Contrairement aux nombreux analystes purement financiers, je ne pense pas que les opérations de fusions-acquisitions soient une bonne chose pour l’industrie pharmaceutique, l’expérience prouve que dans le cas de certaines fusions des médicaments qui permettaient de soigner des populations assez faible – comprendre assez peu rentable – mais pour lesquels le médicament était important, ont été abandonné ce qui a contribué quelque part à discréditer l’industrie pharmaceutique aux yeux des autorités.

L’industrie pharmaceutique, acteur majeur dans le secteur de la santé, a aussi des responsabilités et il est temps de prendre conscience, au-delà des incitations qui ont pu être faites comme le règlement sur les médicaments orphelins ou sur les médicaments pédiatriques, que l’on doit maintenir, quitte à ce que les entreprises négocient avec le comité économique du médicament des prix plus importants pour leurs médicaments innovants, mais continue de consacrer une part de leur production à des médicaments essentiels à certains patients, hors considération leur nombre, dans la mesure où aucun autre traitement de substitution n’est possible.

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