l’éthique et le droit


L’éthique ne s’aborde pas comme une règle. Il s’agit d’abord de valeur.

On est « éthique » ou on ne l’est pas ; c’est comme être incorruptible ou ne pas l’être. Il n’y a pas de compromis avec l’éthique.

Les règles sont souvent transgressées. Le droit, je le pratique aussi, c’est aller à la limite de ce qui est légal et de ce qui est illégal. Le bon juriste et celui qui est sur le fil. Cela requiert de la finesse, de l’intelligence mais c’est un jeu parfois dangereux.

Celui qui respecte l’éthique ne doit jamais être sur le fil, il doit appliquer le terme que j’appelle « le principe de précaution » – sans aucun rapport avec l’acception de ce terme si souvent galvaudé et qui empoisonne notre quotidien en croyant que l’on peut éviter tout risque en toute matière.

Ainsi celui qui respecte l’éthique est quelqu’un qui ne prend pas de risque, a contrario l’avocat ou le juriste qui ne prend pas de risque peut se voir qualifier de manquer de brio.

Ainsi lorsque l’on parle de mettre en place des règles d’éthique au sein d’entreprises dans le cadre d’une nouvelle gouvernance ou dans le cadre de telle ou telle institution, bien que je sois le premier à vouloir que des chartes d’éthique soient signées et datées, il n’empêche que l’éthique est avant tout un comportement naturel. Il est évidemment subjectif, il varie selon les civilisations, les religions, les valeurs morales auxquelles il est capable de s’intégrer ou de se distinguer.

Je suis pour ma part, intimement persuadé qu’un comportement éthique est une source de valeur, de confiance ,  de crédibilité, qui doit s’appuyer évidemment sur des textes, des chartes, des garanties mais ce n’est pas parce que de tels textes existent qu’ils seront des garde-fous.

Être éthique dans ses affaires c’est se poser la question au moment de le prendre de décision : est-ce qu’en conscience ce que je fais est bien ou pas ? Et ce, en faisant abstraction du caractère légal ou pas de la décision : on peut être parfaitement dans la légalité et ne pas être éthique dans son activité. Je me suis battu pour faire entendre cette nuance pourtant majeure et je continuerai de faire. Car c’est rendre service à notre société.

Cela n’empêche pas par ailleurs, que l’on puisse continuer à utiliser les textes de loi dans certains domaines et jongler avec les lacunes des textes, bousculer la jurisprudence pour essayer de voir si on peut inverser une tendance. Et faire changer la loi!

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Une Réponse

  1. Juste pour ajouter un peu à un article très intéressant.
    http://bit.ly/csgK3t

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