Syndicat professionnel : Un adhérent est-il génant ?


selon l’APM,  Le président du Leem (Les entreprises du médicament), Christian Lajoux, semble souhaiter que Servier quitte l’organisation professionnelle ou, au minimum, devienne un membre de second rang, mardi dans une interview au quotidien Les Echos.

Servier a déjà quitté deux fois le Leem, qui était alors le Syndicat national de l’industrie pharmaceutique (Snip), entre 1976 et 1993 puis entre 1999 et 2002- il faut préciser qu’à l’époque, c’est la laboratoire qui avait quitté de son propre chef l’organisation professionnelle pour des raisons politiques.

Christian Lajoux s’exprime dans la presse trois jours après la publication du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales sur Mediator* (benfluorex, Servier) et alors que doit se tenir mardi en fin de journée un conseil d’administration du Leem qui sera principalement consacré à ce sujet.

Interrogé sur une éventuelle exclusion de Servier, Christian Lajoux explique qu' »il n’existe pas aujourd’hui de commission disciplinaire au sein du Leem, qui n’a pas les moyens d’exclure une firme. Mais nous travaillons à des structures de régulation de la profession ».

« Il ne nous semble pas inutile que Servier renonce à un certain nombre de postes importants, comme les présidences de groupe ou la présidence de la commission économique du Leem, assurée par Marie-Noëlle Banzet », poursuit-il.

Marie-Noëlle Banzet est également vice-président de l’Alliance pour la recherche et l’innovation des industries de santé (Ariis), émanation notamment du Leem, note-t-on.

Le Leem dispose déjà en interne, depuis 2001, d’une structure supposée s’occuper des questions de déontologie, le Comité d’éthique et de médiation de l’industrie pharmaceutique (Cemip), rappelle-t-on.

Il est officiellement chargé de « veiller au respect de la déontologie et de réguler, par des moyens appropriés, les pratiques professionnelles en conformité avec les dispositions énoncées ».

Dans la pratique, il a une activité minimale, dont il n’a jamais rendu compte publiquement depuis sa création, a-t-on pu constater au fil des années.

Le président du Leem apporte son soutien à l’introduction dans le droit français d’un système inspiré du « Sunshine Act » américain obligeant les laboratoires pharmaceutiques à rendre publiques les sommes versées aux professionnels de santé.

Christian Lajoux se dit par ailleurs « surpris par l’ampleur des dysfonctionnements à tous les niveaux: firme, Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), travail des experts, etc. ».

« Après la déflagration à laquelle nous avons assisté, il est important de faire une analyse sans concession pour que les patients retrouvent la confiance qu’ils sont en droit d’attendre de leurs médicaments (…) Je peux assurer au ministre qu’il trouvera de la part des industriels une coopération étroite », commente le président du Leem.

Il rappelle, à propos de la volonté de Xavier Bertrand de modifier certaines règles relatives aux autorisations de mise sur le marché (AMM), que les procédures sont régies, pour la majorité des médicaments, par les directives européennes.

« Seuls les médicaments génériques ou des produits anciens restent concernés par des procédures nationales. L’idée consiste peut-être à rediscuter la transposition des AMM sur le territoire national. Ce point est technique et je ne vois pas encore précisément comment faire », explique-t-il.

Enfin il apporte son soutien à une modification de la source des revenus de l’Afssaps qui ne prendrait plus la forme de redevances de l’industrie pharmaceutique mais d’une subvention de l’Etat.

Enfin, Christian Lajoux qualifie de « sortie politique et démagogique » les déclaration de Martin Hirsch recommandant d’interdire la visite médicale.

« Ce métier est très professionnalisé et régi par une charte entre le Leem et le Comité économique des produits de santé (CEPS). Les visiteurs médicaux ont une conscience citoyenne qui n’a rien à envier à certains donneurs de leçons. D’autant qu’ils permettent de faire remonter des éléments de pharmacovigilance », affirme-t-il. « 

Ces commentaires surprennent l’auteur qui considère que toute organisation professionnelle peut très bien prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de l’un de ses adhérents. Dire que l’on réfléchit à une structure ad hoc revient à nier l’existence du Comité d’éthique qui a été mis en place par l’auteur avec certains administrateurs convaincus de la nécessité d’un tel organisme pour travailler à l’autorégulation de profession.

Le fait que ses décisions n’aient pas été rendues publiques est un autre point qui est normal. Une commission disciplinaire n’a pas vocation systématiquement a communiquer sur les affaires qu’elle traite. Elle n’en fait pas moins son travail.

Cette structure n’a pas eu l’honneur de plaire au président en fonction puisqu’il ignore jusqu’à son existence ce qui est indélicat pour les membres éminents et indépendants qui en font partie.

Enfin le code des Bonnes Pratiques de promotion qui existe au niveau européen a déjà abordé la question de la transparence des sommes versées pour éviter toute ambiguïté (y compris associations de patients) et désamorcer les éventuels conflits d’intérêts.

Il est regrettable que – quel que soit les torts de l’adhérent SERVIER -le président du Leem agisse comme s’il venait de découvrir l’institution dont il est à la tête depuis de nombreuses années maintenant.

Juridiquement une organisation ne peut agir qu’envers l’un de ses membres. elle n’a donc pas forcément intérêt à exclure le laboratoire Servier envers qui elle n’aura plus alors aucun pouvoir de coercition.

Quand l’on parle d’éthique et de grand ménage, il faut être très prudent. les responsabilités sont nombreuses, le tort ne doit pas retomber sur une profession, sur l’Administration et sur les dizaines et centaines d’experts qui travaillent pour évaluer et réévaluer les médicaments.

Décidement la santé n’est pas un sujet facile, mais passionnant..au sens où il déchaine les passions..

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2 Réponses

  1. […] This post was mentioned on Twitter by Anne Jo. Anne Jo said: RT @gdedurat: Servier. Un adhérent doit-il être exclu de son syndicat professionnel ? http://bit.ly/ekeC76 […]

  2. dépêche APM
    PARIS, 19 janvier 2011 (APM) – Le Leem (Les entreprises du médicament) a confirmé mercredi avoir décidé de suspendre la participation des laboratoires Servier aux activités du syndicat professionnel.

    Cette décision doit permettre au Leem « d’engager sereinement des discussions avec les pouvoirs publics dans le cadre du chantier de refonte annoncé [samedi] 15 janvier 2011 par Xavier Bertrand, ministre du travail, de l’emploi et de la santé, et aux laboratoires Servier d’organiser librement leur défense », a-t-il déclaré dans un communiqué.

    Le conseil d’administration du Leem, réuni mardi en fin de journée, a décidé cette suspension de Servier après avoir longuement débattu des conséquences à tirer du rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur Mediator* (benfluorex) rendu public samedi, qui met gravement en cause le comportement du laboratoire (cf dépêche APM HMOAJ001).

    La suspension du laboratoire signifie qu’il ne pourra participer à aucune activité de l’organisation professionnelle et devra abandonner tous les postes que ses représentants y occupent. Les statuts du Leem ne permettent pas d’exclure un de ses membres, rappelle-t-on.

    Le conseil d’administration a pris acte des conclusions du rapport de l’Igas et des pistes de réforme du système de sécurité sanitaire présentées par Xavier Bertrand, indique le Leem.

    Le syndicat déclare qu’il « entend contribuer, à la place qui est la sienne et aux côtés des autres parties prenantes, aux réflexions qui viennent d’être engagées ainsi qu’aux travaux des missions d’information parlementaires et de la seconde mission de l’Igas ».

    Un second rapport de l’Igas, portant sur le rôle, la structure et le fonctionnement de l’Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) ainsi que sur le renforcement de la pharmacovigilance, doit être remis à Xavier Bertrand à la fin du premier semestre, rappelle-t-on.

    Le Leem indique se tenir « à la disposition des autorités de santé » et déclare qu’il « formulera des propositions en matière de renforcement du dispositif de pharmacovigilance ».

    Il « réaffirme être favorable au développement de la transparence des liens entre les experts, le monde associatif » et les laboratoires pharmaceutiques.

    Il ajoute s’être « engagé depuis plusieurs mois dans une profonde révision de ses règles déontologiques et de bonnes pratiques », travaillant « à la mise en place d’un organe de déontologie aux missions élargies (prévention, recommandation, médiation, sanction) ».

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